Etes-vous un habitué de ce genre de manifestations ?
« J'ai eu la chance d'être membre du jury du festival de Bourges à plusieurs reprises, ces dernières années. Mais c'est la première fois que je suis président du jury, ce qui est un grand honneur. Je viens toujours à Bourges avec un grand plaisir. Ce festival est un lieu d'échanges et d'ouverture sur le monde vraiment formidable. »
Pourquoi avoir accepté de participer au Festival de Bourges ?
« Les thèmes abordés par le festival sont ceux que je traite quotidiennement dans mon activité de journaliste à la rédaction de France 2, depuis 8 ans. La connexion est donc pour moi naturelle. Mais c'est aussi le cas en tant que citoyen. Je suis passionné par l'écologie, l'environnement, les problématiques énergétiques, les sciences et l'éthique… car cela concerne notre futur et celui de nos enfants. »
Comment concevez-vous votre rôle de président ?
« C'est d'abord un honneur. Ensuite, c'est pour moi l'occasion de faire partager mes craintes, mes enthousiasmes et les quelques connaissances que j'ai pu accumuler ces dernières années. Si le micro que l'on me tend me permet de toucher ou de sensibiliser le public aux défis gigantesques qui se profilent à l'horizon... Et bien ce sera déjà pas mal. »
Quels vont être vos critères de sélection ?
« L'équipe du festival sélectionne déjà les œuvres qui sont soumises aux membres du jury. Ensuite, ces derniers vont visionner des dizaines de films, reportages et fictions qui sont tous de très haute qualité. Puis nous nous réunissons, et la bataille d'arguments commence ! Chacun avance ses favoris, selon ses critères. Ces débats sont toujours passionnants et passionnés ! Mais nous finissons toujours par aboutir à un choix commun, à l'unanimité ou à la majorité…»
Connaissez-vous déjà certains des films ou des auteurs en compétition ?
« Oui, notamment les journalistes qui ont des reportages en compétition, ou certains réalisateurs que j'ai déjà eu la chance de rencontrer. Mais nous jugeons l'œuvre, pas celui ou ceux qui la produisent. »
Lauréat en 2009 du Festival de Bourges pour le meilleur reportage, comment aviez-vous reçu ce prix ? Que vous a-t-il apporté ?
« C'était pour moi la reconnaissance d'un travail dans lequel je m'étais beaucoup investi. Le sujet traité (la sécheresse en Australie) m'avait profondément touché. Les australiens que j'avais rencontré m'ont fait partagé leurs souffrances, leurs inquiétudes pour l'avenir. Le fait d'avoir remporté ce prix aura peut-être permis de faire connaître un peu plus ce thème qui était relativement méconnu en France. Et j'étais très heureux aussi pour le rédacteur en chef de l'émission "Un œil sur la Planète", Patrick Boitet. Il m'a fait confiance et j'espère en avoir été digne. »
Pensez-vous que ce genre de rendez-vous peut « changer » ou faire évoluer les mentalités du grand public sur la question environnementale ?
« J'espère bien ! Même si la plupart des spectateurs qui viennent au festival ont déjà une sensibilité écologique, ce rendez-vous permet d'approfondir les connaissances, de découvrir de nouveelles facettes de la vaste question environnementale, d'écouter des experts, des scientifiques, qui sont pointus dans leurs domaines. C'est très enthousiasmant. Il y a de quoi rassasier les plus curieux. Sans oublier aussi la dimension émotionnelle. Toucher le public en contemplant la beauté sidérante de la nature ou les ravages que l'Humanité lui impose… Cela peut aussi être un d'une puissance rare. »
Qu'attendez-vous de ce genre de manifestations ?
« Des rencontres, des discussions passionnées, des fous rires, de l'émotion, et du savoir. »
Enfin, sur quel projet travaillez-vous actuellement ?
« Je me suis passionné pour la catastrophe de Fukushima et ses conséquences. Je me plonge donc dans les problématiques énergétiques et dans le nucléaire. »